Séminaire de Mathias Fink (Institut Langevin) Partager ce post

Démons de Loschmidt, Ondes et Holographie

Mercredi 30 mars 2016, 16h30-18h00, Amphi Emeraude

En partant de la discussion célèbre qui opposa Boltzmann et Loschmidt sur la flèche du temps et sur
certains paradoxes liés à la réversibilité des lois de la mécanique, nous introduirons différentes
alternatives pour construire une « time machine » en physique classique. Nous nous intéresserons plus
particulièrement aux cas des ondes (à large contenu spectral). Nous comparerons la façon de fabriquer
une « time machine » pour différents types d’ondes : sonores, électromagnétiques, lumière et vagues à
la surface de l’eau. Nous montrerons qu’il existe en fait deux approches duales bien différentes pour
obliger une onde à revivre sa vie passée. On peut d’une part manipuler une onde sur une surface
bidimensionnelle échantillonnée par un réseau d’antennes réversibles. C’est l’approche des miroirs à
retournement temporel dont les applications sont nombreuses. On peut aussi manipuler une onde très
différemment en créant des « discontinuités temporelles » dans tout l’espace. C’est l’approche des
« miroirs temporels » où les discontinuités spatiales des miroirs usuels sont remplacées par des
discontinuités temporelles. On verra que ces différentes approches permettent aussi de revisiter la
méthode holographique et la limite de diffraction dans les méthodes d’imagerie et de contrôle d’ondes.

Mathias Fink est physicien, professeur à l’ESPCI, membre de l’Académie des
sciences et de l’Académie des technologies. Spécialiste mondialement reconnu de
la propagation des ondes et de l’imagerie, il participe dès 1973 à la mise au point
des premiers échographes médicaux ultrasonores. Il travaille ensuite sur les
analogies existant entre les ondes acoustiques, la mécanique quantique et
l’optique. En 1990, il crée à l’ESPCI le laboratoire Ondes et Acoustique et
travaille sur la réversibilité des ondes acoustiques. Il met au point le miroir à
retournement temporel qui trouve de multiples applications en médecine, pour la
détection sous-marine, les télécommunications électromagnétiques à haut débit
ou encore pour la domotique. L’activité scientifique de Mathias Fink est un
exemple d’équilibre entre recherche fondamentale de haut niveau et recherche appliquée. Il a toujours
entretenu des liens étroits avec les milieux industriels et médicaux. Il a fondé quatre start-up qui
emploient plus de 140 personnes et qui développent des produits en domotique, dans le domaine
médical et en télécommunications.

Avec le soutien de IEEE Photonics Society

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