Discours Yves Poilane 21 juin 2018

Bonjour,

Je suis tout d’abord chargé d’excuser Philippe Cuneo et Elisabeth Crepon qui sont retenus par ailleurs, notamment par les Conseils divers et variés à l’avis desquels est soumis le projet de convention de coopération NewUni, préfigurateur de l’établissement public.

Je m’exprimerai donc en notre nom commun, sauf lorsque j’indiquerai qu’il s’agit de mon avis personnel.

Sur le projet NewUni en général, tout d’abord :
– la détermination de l’État est confirmée (discours du PR, lettre de mission 3 ministres (yc ESR), réunion hier chez les ministres avec Communiqué de Presse). Ce n’est pas un projet des directeurs d’école…
– la détermination des directeurs d’école est forte. Nous avons tous connu ParisTech et l’UPSaclay et leur échec (dans l’ambition institutionnelle). C’est le 3ème essai, ce sera le dernier !
– c’est un projet pour la France et son économie. Nous n’avons pas le droit d’échouer. Nous avons tous les atouts de notre coté : l’engagement de l’État, une culture commune, la proximité géographique, la réduction du nombre d’établissements…
– il y a évidemment des obstacles à contourner et des risques à gérer : quel avenir pour chaque école ? Quel leadersphip pour l’X qui ne soit pas hégémonique ?
– son fonctionnement sera moins collégial que celui du projet UPSaclay, certains nous le reprochent vivement. Mais c’est le prix à payer pour aller vite. Toutes les propositions de la communauté académique seront examinées, à partir du moment où elles seront constructives (c’est-à-dire où elles répondront à la question “comment faire ?” et non pas “pourquoi faire ?” ou “pourquoi faut-il attendre encore ?”)

Sur les facultés et sur la faculté DSIT en particulier, et là je vais parler en mon nom propre :
– l’idée de départ est de créer des lieux d’échanges entre membres du corps professoral transversaux aux écoles pour décloisonner et de le faire en partitionnant pour aboutir à des communautés de taille “gérable” sur une base thématique pluri-disciplinaire, et d’en faire des objets de communication externe pour NewUni, caractéristiques de ses domaines de compétences. C’est ainsi qu’on a abouti (je devrais dire les directeurs de la recherche et les directeurs de labo ont abouti à 4 facultés dont la faculté DSIT…)
– vous aboutissez à une “faculté” qui est la plus grosse de toutes, de loin, et qui ne représente pas loin de la moitié des ressources de recherche de NewUni. Ce sera une difficulté dans l’organisation de son animation, mais cela lui procure une pluri-disciplinarité tout à fait intéressante, accrue par le jeu des affiliations secondaires de labos de SEHS… et sur une thématique particulièrement porteuse “les data sciences et le numérique”
– par ailleurs, je n’oublie pas que dans le point d’avancement des travaux du GT recherche, il est indiqué que NewUni conduira des recherches “curiosity-driven” dans 10 domaines (qui se trouvent être disciplinaires) (maths, physique, chimie, informatique, économie, SHS mais aussi mécanique, électronique, optique…). La matérialisation d’une approche disciplinaire de la recherche me parait inévitable et nécessaire ; mais comment s’instancie-t-elle au périmètre de NewUni ?
– je n’oublie pas non plus que dans le même point d’avancement, il est indiqué que NewUni “a sélectionné 10 grands domaines pour lesquels nous sommes convaincus que la nouvelle organisation permettra d’apporter des solutions à la mesure des enjeux”. Là encore, je n’imagine pas qu’il n’y ait pas matérialisation de ces 10 grands domaines dans une modalité d’animation de la recherche
– je vois donc, si l’on s’en tient aux strictes recos du GT recherche, au moins 3 modalités d’animation de la recherche de nature et de pérennité probablement différentes, qu’il faudra également positionner par rapport aux laboratoires qui constituent actuellement l’unité de base de l’organisation de la recherche de nos écoles.
-enfin, s’agissant des facultés, certains imaginent qu’on pourrait vouloir les missionner sur une partie de la formation (ou à tout le moins en faire des “classes” pour l’offre de formation, doctorale voire master)

Bref il y a encore du pain sur la planche et ce n’est pas l’objet du séminaire de ce jour que de réfléchir à toutes ces questions. Puisqu’il s’agit déjà d’apprendre à mieux se connaître (même si vous n’êtes pas des inconnus les uns pour les autres) et peut-être déclencher des opportunités de coopération.

Un dernier mot, avec l’opportunisme qui me caractérise. Personnellement, je vous encourage à saisir au plus vite les opportunités d’aller chercher des financements ensemble, publics (guetter les AAP ), privés (n’hésitez pas à solliciter vos directions pour cela, les entreprises n’attendent qu’une chose : qu’on vienne groupés).

Bons travaux.