Discours Yves Poilane 10 octobre 2017

  

 

Bonjour

Très content d’ouvrir cette journée du LTCI dont l’objectif est, me semble-t-il, à la fois :

  • d’affirmer l’existence du laboratoire et sa bonne santé, nonobstant la perte de son statut d’UMR. Évidemment, les indicateurs de production scientifique pâtissent du départ du CNRS (que je regrette profondément, et dont vous savez ce que je pense), évidemment certaines équipes ont été durement touchées, mais cela rend-il chacun de vous moins bon pour autant ?
  • de montrer certaines de ses réalisations, les plus caractéristiques, dans leur diversité, certaines étant particulièrement remarquables (et remarquées, cf ERC), certaines particulièrement prospectives (je pense à la crypto quantique notamment)
  • de faire un point sur sa “reconstruction” en tant que laboratoire propre de l’école et sur ses interactions avec I3, notre autre laboratoire et, plus généralement, les laboratoires de notre environnement, au 1er rang desquels les labos de l’UPSaclay, dans un contexte d’instabilité institutionnelle (dont nous pourrons parler en fin de journée)

Je voudrais profiter l’occasion pour vous exprimer quelques messages simples et vous livrer ainsi le fond de ma pensée sur le LTCI en tant que directeur de cette école :

  • tout d’abord, il n’y a pas d’établissement d’ens sup d’excellence digne de ce nom au XXIème siècle s’il n’est pas bati sur une recherche d’excellent niveau scientifique. Qui se mesure au travers de la progression de la qualité de nos publications (et donc des h-numbers de nos E/C) ainsi que des prix et distinctions (en ce moment les ERC). Mais aussi de l’attractivité des postes que nous proposons au comblement (et la qualité des candidatures que nous recevons à chaque appel à candidature prouve que nous sommes attractifs). Et l’école a fait un long chemin depuis le début des années 80 (Henri le sait bien)…
  • ensuite, nous devons et nous pouvons conjuguer excellence scientifique et utilité socio-économique. Nous sommes dans le domaine roi pour cela, le numérique, nous savons que c’est possible, d’autres le montrent : les universités anglo-saxonnes ou l’EPFL pour ne citer que ces 2 exemples, et plus près de nous, l’ESPCI. Et c’est totalement conforme à notre statut de grande école d’ingénieur, qui plus est sous tutelle du ministère de l’économie. Et nous réussissons plutôt bien : contrats de recherche, chaires et labo communs, thèses Cifre, employabilité de nos docteurs mais aussi nombre de brevets déposés par E/C, dossiers de pré-maturation, spin-offs.

Et tout ceci, c’est grâce à vous, les E/C, mais aussi les ingénieurs de recherche, les doctorants, les post-doctorants, les personnels administratifs… soyez-en remerciés.

Mon rôle à moi, sur la recherche, c’est tout d’abord d’œuvrer pour vous donner/pour vous trouver les moyens et les leviers pour améliorer encore l’excellence scientifique de nos travaux et leur utilité économique et sociale. C’est-à-dire de vous aider à trouver les financements pour vos travaux, tout particulièrement via le mécénat d’entreprises et des alumni, via les laboratoires communs.

En effet, on peut le regretter, on peut se battre contre (et chaque année en réunion budgétaire nous nous battons), mais la réalité est celle d’une érosion régulière de la subvention de l’Etat (quand ce n’est pas un coup de frein, comme on a connu en 2009-2010, après la crise financière), et que la seule façon de se développer c’est d’accroitre les ressources propres, sans dénaturer nos travaux, dans un juste équilibre entre sciences et technologies…

Et sur ce volet, même si c’est difficile et que nous ne réussissons pas à chaque essai, nous avons beaucoup progressé :

  • en 2007, à mon arrivée, nous inaugurions une chaire d’entreprise ; nous en avons aujourd’hui une douzaine et nous collectons plus de 2 M€/an sur ces chaires. Nous avons inauguré la semaine dernière la chaire cybersécurité du véhicule connecté.
  • les labos communs ont suivi le même chemin, SEIDOLAB, Identity and Security Alliance, WHIST, etc… et nous allons bientôt annoncer un labo commun sur l’IA avec Valeo, commun avec l’INRIA et l’ENS, en bonne compagnie. A tel point que nous en avons 1/2 douzaine aujourd’hui.
  • coté Alumni la progression est plus modeste, mais nous avons eu quelques beaux succès récemment : 65 K€ puis 85 K€ récoltés en 2 soirées à Paris en 2016 et 2017 auprès d’alumni pour 6 E/C et la semaine dernière plus de 40 K€ récoltés à Londres pour soutenir le développement de coopération scientifique avec Imperial College (avis aux amateurs).
  • chaque chaire, chaque labo commun, chaque diner de collecte est un très bon exemple de coopération entre vous les E/C, votre management (les responsables de département), les directions supports (DR, DID, les juristes), la direction de l’école avec mon implication personnelle et la Fondation. On est plus fort quand on tire tous dans le même sens.
  • et nous avons encore de nombreux autres projets de chaires et labos communs en gestation. Si vous avez des projets, des idées n’hésitez pas à me solliciter.

Je voudrais terminer cette introduction par un mot sur la formation bien sur. Car si nous sommes un laboratoire de recherche (2 labos pour être plus précis), nous sommes aussi (d’abord) un établissement d’enseignement supérieur.

Et l’excellence de notre recherche nous permet aussi d’offrir des enseignements de qualité, à la pointe du savoir, dont bénéficient tous nos élèves (en formation d’ingénieur, dans les master UPSay, dans les autres masters, dans les mastères spécialisés et en formation continue).

Dans notre école, l’enseignement peut être lourd, tout particulièrement dans notre domaine, qui intéresse tant le marché du travail et qui nous impose presque de faire croitre notre production pour répondre à ses besoins. Mais ce n’est pas une “charge”, c’est une mission, indissociable de celle de recherche. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons surtout des enseignants-chercheurs, c’est pourquoi nous avons des départements d’enseignement-recherche, c’est pourquoi les décisions de recrutement d’E/C et plus généralement d’arbitrages budgétaires sont toujours prises sous le double prisme de la recherche et de l’enseignement. C’est aussi pourquoi nous nous attachons à réduire les disparités entre équipes, départements, même si les variations de besoins de formation sont plus rapides que notre capacité à ajuster les ressources de production.

Nous avons, vous avez, de la chance de travailler dans le domaine des sciences et technologies de l’information et de la communication. Nous avons encore de nombreuses découvertes à faire, de nombreux savoirs à transférer à l’économie et à la société, de nombreux ingénieurs, masters et docteurs à diplômer. Nous avons un positionnement pluridisciplinaire original au sein même du LTCI et plus encore dans l’interaction entre LTCI et I3. C’est pourquoi je reste confiant dans nos avenirs individuels et collectifs, quels que soient les soubresauts institutionnels dont je dois vous avouer qu’ils me pèsent autant qu’à vous…

Continuez à chercher, vous pouvez compter sur mon appui.